Je ne me réfère pas ici à l’alphabet que mon fils apprend actuellement, mais bien à une notion qui s’applique en relation avec l’économie.
Nous allons aujourd’hui aborder le sujet des générations, leurs comportements et leurs habitudes. Il s’agit de définir comment les grands groupes générationnels tirent profit de l’analyse approfondie de leurs comportements.
Commençons par la génération Y, également appelé « Why » : elle admet avec difficulté les hiérarchies et veut toujours savoir le pourquoi du comment ! Les Y, nés dans les années 1980 sont aujourd’hui les habitués de EasyJet, du tchat, de la Webcam. Ils se nourrissent intellectuellement avec les iPad et les iPhone, et ils sont devenus utilisateurs de Whatsup, des SMS, des textos ou encore d’Instagram.
Les adolescents nés dans les années 1990 constituent la génération Z. Ils font l’objet de toutes les attentions à l’heure actuelle. Les cabinets de conseil en tout genre analysent leurs comportements, leurs habitudes et leurs rythmes de vie. Les Z sont les authentiques enfants du numérique puisque les tablettes, les portables et tous les autres outils de télécommunication les accompagnent dès leur naissance. Ils sont les consommateurs des Snapchat, Facebook et de la GoPro.
La prochaine génération, à laquelle appartient mon fils (utilisateur averti de la Nintendo 3DS), se nomme « A ».
Mais à quoi servent ces classifications ? Ont-elles une utilité autre que remplir les statistiques, ou pire, sont-elles là pour occuper les sociologues ? En fait, non : ces résultats ont bien d’autres implications. En effet, selon les neurologues, certes le cerveau humain est toujours construit de la même manière, mais il fonctionnera différemment selon l’âge de notre consommateur. En résumé, le cerveau humain est composé de trois systèmes : le premier est rapide, intuitif, très sollicité par les écrans ; il est surdéveloppé chez les Z. Le deuxième est plus réfléchi, plus lent, plus logique. Le troisième permet d’arbitrer entre les deux premiers : il est le véritable siège de l’intelligence. Il permet de résister aux réponses impulsives et d’inhiber les automatismes de pensée lorsque surgit un enjeu de morale ou de logique.
Selon les recherches menées par le laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant au CNRS-Sorbonne, les Z ont acquis dès leurs naissances toute une gamme d’automatismes. Dès lors, les producteurs d’outils et d’appareils, dans tous les domaines, n’ont plus besoin d’imprimer un mode d’emploi ; si le bouton de droite n’a pas l’effet escompté, le Z se reporte d’instinct sur un autre bouton, juste à côté.
Les X, eux, rêvent de sécurité, d’une vie planifiée jusqu’à la retraite (sauf si l’ubérisation ne les a pas anéanti avant) : ils ont besoin d’être guidés, il faut faire du hande-holding!
Tout le monde représente une catégorie opposée pour le marché. Cette base commerciale, expliquée ici brièvement, est appliquée par les sociétés, dirigées d’ailleurs la plupart du temps par les baby-boomers. Les entreprises, soutenues par l’analyse de nos comportements, parviennent à nous diriger vers leurs produits. Je vous laisse imaginer l’amélioration du concept de vente à partir d’aujourd’hui, voire lorsqu’une nouvelle génération de Zorros (la génération Z) rejoindra le cercle des dirigeants d’entreprises.
Le cycle recommence heureusement à la lettre A. Imaginons que nous pouvons retourner dans le passé…
