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3M – Part 1

Description:

Le siège social de 3M se situe au Minnesota (États-Unis), à Saint-Paul. La société est née en 1902. D’abord active dans le secteur minier et la fabrication, 3M s’est réinventée au fil des ans. Elle s’est implantée mondialement et est devenue une productrice des plus diversifiées et des plus importantes. Le grand public la connaît en particulier pour ses produits populaires : la bande adhésive Scotch ou les post-its. Son portefeuille contient également plus de quarante plateformes technologiques et quelque 500 brevets pour des usages variés : films de cristaux liquides, technologie des soins de santé, adhésifs hyper-résistants.

3M cultive l’innovation, l’efficacité et se concentre sur ses chiffres de clôture. Elle propose plusieurs milliers de produits, chacun d’entre eux ne nécessitant que peu de technologie. Elle est passée maître dans l’art de démultiplier les possibilités d’applications de ses produits. Sa réussite se fonde sur sa compréhension parfaite du produit, sa faculté à s’appuyer sur la technologie et l’efficacité de sa communication avec sa base de clients potentielle.

Pendant la période de 2005 à 2012, 3M était dirigée par George Buckley. Elle a alors augmenté le budget alloué aux acquisitions de 25 %, soit 4 % du cash-flow annuel généré utilisé pour poursuivre les achats. Sous cette direction, 3M a confirmé sa quête de l’innovation et de nouvelles applications pour ses produits phares. Le résultat est notable : 3M réinvente aujourd’hui 1/3 de ses produits par tranche de 5 ans alors que le ratio précédent était de l’ordre de 1/5.

Le nouveau directeur général, Inge Thulin, devrait amener la société à stimuler ses ventes à l’international. En effet, l’activité en Amérique du Nord stagnait. L’exposition de 3M en terme de ventes aux États-Unis avoisine les 35 %. Ce chiffre subit une baisse constante depuis l’année 2000 (les ventes sur le sol américain représentaient alors 53 %). Les marchés émergents (Asie, Pacifique et LATAM)présentent à l’heure actuelle un intérêt particulier : ils interviennent à hauteur de 42 % dans les ventes et leurs ratios de rentabilité sont plus élevés que sur les autres marchés. 3M dans ces régions est souvent le fournisseur exclusif de ses produits et tire profit de distances de livraison courtes. Le cycle carnet de commande et ventes de 3M est réduit à 30 jours.

3M se concentre à nouveau sur la croissance organique de ses ventes, un point positif pour elle. Les chiffres devraient avoisiner les 3 à 5 % d’année en année. Les marges d’exploitation devraient tourner autour du niveau présent, 22 %. La croissance des ventes est étayée à la fois par la croissance des volumes et l’augmentation des prix. Le taux de croissance du BPA ces dernières années atteignait 8 %. La direction s’est fixé l’objectif de l’élever à 10 % ou plus. La réalisation de l’objectif est rendue possible par : a) l’efficacité de l’exploitation plus élevée ; b) le montant alloué aux rachats d’actions en hausse. Ce montant d’ailleurs disponible dans le cadre d’un plan de rachat d’actions a été passé de 2,5 milliards de dollars à 4 milliards de dollars.

Forces et faiblesses, analyse fondamentale : 
Forces 

  • 3M tire avantage de la croissance de ses ventes à l’international, au-dessus de la moyenne. 
  • 3M bénéficie d’une expérience solide en matière d’acquisition et d’intégration. 
  • 3M a procédé à plusieurs acquisitions ces dernières années. Aucune prime payée n’a pour l’heure été amortie. 
  • 3M s’expose à des risques économiques et politiques accrus en raison de sa stratégie d’expansion à l’international. 
  • Ces dix dernières années, 3M a obtenu un retour sur capital supérieur à son CMPC (coût moyen pondéré du capital). Pendant la même période, le flux de trésorerie disponible atteint le niveau impressionnant de 15 % des ventes.
  • Le ratio EV/EBITA de 3M est stable, autour de 8x. 

Faiblesses 

  • Le cycle carnet de commande/ventes de 3M est relativement court. À l’heure actuelle, il implique un ralentissement des ventes liées au marché américain. 
  • La nature courte des cycles de l’activité offre des perspectives limitées à moyen terme. 
  • La croissance des ventes entre 2005 et 2012 s’est appuyée sur les acquisitions. La croissance organique actuelle résulte du renouvellement des produits et ne pourra pas durer. 
  • Les adversités économiques réitérées vont malmener la rentabilité de la société, en particulier le ralentissement actuel perceptible sur le marché européen. 
  • Les ventes de 3M dépendent pour beaucoup des articles à contenus électroniques. Les consommateurs américains changent d’attitude face aux produits. Les sommes les plus importantes de leurs budgets sont allouées désormais à l’automobile et ses dérivés. Les dépenses sont moindres pour les produits de base. 
  • 3M s’exposent à des risques inhérents à ses activités multiples.