🧭 Analyse macroéconomique – Juin 2025
« Entre tensions commerciales, incertitudes fiscales et nervosité obligataire »
🔥 1. Retour des tensions commerciales : Trump rallume la mèche
Alors que les marchés espéraient une accalmie via de nouvelles négociations commerciales, Donald Trump relance l’incertitude géopolitique :
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Menaces tarifaires sur l’Union européenne et Apple : Ces déclarations accroissent le risque de fragmentation des chaînes d’approvisionnement mondiales et pèsent sur les perspectives de croissance mondiale.
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Impact immédiat : volatilité accrue sur les marchés actions, retrait des investisseurs des actifs risqués et regain d’intérêt pour les actifs refuges.
📉 Conclusion : La « guerre commerciale 2.0 » est de retour et pourrait détériorer le climat des affaires, tout en compliquant la tâche des banques centrales.
💸 2. Tensions sur les marchés obligataires : un signal préoccupant
Les investisseurs ont montré une réticence accrue à absorber de la dette à long terme, en particulier sur les maturités à 20 ans aux États-Unis :
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Le taux des Treasuries 20 ans atteint 5%, un niveau significatif signalant :
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Une crainte d’inflation persistante.
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Une prime de risque accrue liée aux incertitudes fiscales et politiques.
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Une désaffection du marché secondaire, notamment des acteurs internationaux (Chine, Japon ?).
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🔺 Cela s’inscrit dans un contexte global de pressions sur les taux dans l’ensemble des pays développés, avec des rendements qui remontent plus vite que prévu.
🧾 3. Politique budgétaire américaine : entre relance fiscale et inquiétudes sur la dette
Le plan de réduction fiscale récemment validé par le Congrès soulève des préoccupations :
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À court terme, il devrait stimuler l’économie (hausse du revenu disponible, soutien à la consommation).
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Mais il entraîne aussi une augmentation mécanique du déficit public et donc des besoins de financement sur le marché obligataire.
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Résultat : risque de crowding out (effet d’éviction) pour le financement privé et pression haussière sur les taux d’intérêt réels.
⚖️ 4. Banques centrales : une équation de plus en plus délicate
Face à cette combinaison de tensions commerciales, de hausse des rendements et d’une fiscalité expansive, les banques centrales (Fed, BCE, BoE) sont sous pression :
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Difficulté à maintenir une posture accommodante sans nourrir l’inflation ou fragiliser la crédibilité.
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À l’inverse, remonter les taux pourrait étouffer la reprise et aggraver la charge de la dette publique.
🎯 La Fed se retrouve donc face à un dilemme classique : inflation vs stabilité financière.
📊 Synthèse et perspectives pour juin
| Facteur clé | Impact macroéconomique | Risque principal |
|---|---|---|
| Menaces tarifaires US | Frein à la croissance mondiale | Retour du protectionnisme |
| Taux longs en hausse | Alourdissement de la dette / coût du crédit | Stress financier global |
| Stimulus fiscal américain | Relance de court terme | Dérive budgétaire |
| Sentiment des investisseurs | Volatilité accrue, repli défensif | Réallocation des portefeuilles |
Le mois de juin s’ouvre sous le signe de l’incertitude macroéconomique. Les marchés doivent naviguer entre des signaux contradictoires : une croissance encore résiliente, mais menacée par les tensions commerciales, une politique budgétaire expansionniste, mais financée à coût croissant, et des banques centrales à court de munitions.
🛑 Le risque d’un “policy misstep” (erreur de politique économique) est élevé : trop de relance budgétaire ou un resserrement monétaire prématuré pourraient provoquer un choc de confiance.
