Atos conclut un accord de financement provisoire avec l’Etat français et un consortium de banques en vue d’une augmentation de capital de 1,2 milliard d’euros
Les activités d’Atos couvrent le calcul haute performance, la gestion informatique, les services et la maintenance, le cloud et la cybersécurité, notamment pour les gouvernements, la sécurité intérieure et les clients de la défense. La société gère certains services informatiques pour les Jeux olympiques de Paris cet été.
Atos a conclu un accord de principe avec un consortium de banques, de détenteurs d’obligations et l’Etat français pour obtenir les liquidités nécessaires pour continuer à être opérationnelle. La société informatique est en difficulté depuis plusieurs mois et parvient enfin à un accord avec ses créanciers pour restructurer ces dettes. Des lors, la société devrait revenir dans une zone de rentabilité.
Le groupe a déclaré mardi qu’il recevrait un crédit relais pour un montant de € 450 millions ($ 488,8 millions de dollars). Cela lui permettra de poursuivre ses activités pendant qu’il s’efforce de trouver un accord avec ses créanciers sur une nouvelle structure de capital d’ici le mois de juillet.
Atos a besoin de € 600 millions pour financer ces activités pour la période 2024-25. La société cherche également à obtenir 300 millions d’euros de facilités de crédit et 300 millions d’euros de garanties bancaires. L’injection totale, sous forme de capital propres, est de € 1,2 milliards.
Atos est endetté à la hauteur de €2.25 milliards pour une capitalisation de quelques €257 millions ! La société Onepoint, qui détient 11,4 % du capital a été rejoint par la société d’investissement Butler Industries. Le consortium prévoit de restructurer la dette d’Atos tout en préservant l’ensemble des actifs. L’action d’Atos perd quelque 70% depuis le début de l’année et les perspectives ne sont pas bonnes.
L’histoire d’Atos.
Atos a connu quelques années tumultueuses. Suite l’échec d’une tentative de rachat en 2021, la société perd plusieurs dirigeants clés et elle est forcé d’annoncer plusieurs avertissements sur résultats qui ont entamé la confiance des investisseurs et des clients. Le groupe a terminé l’année 2023 avec une perte nette de 3,44 milliards d’euros après avoir comptabilisé des charges de dépréciation et des dépenses de réorganisation.
La société a cherché à lever des fonds en vendant certains de ses actifs au cours des derniers mois. Les discussions avec des investisseurs tel qu’Airbus ont échouées. Ill se dit que le prix a été trop élevé et Atos n’a pas pu démontrer l’efficacité des entités qu’elle a voulu vendre !
Par exemple, Atos était en pourparlers pour vendre son unité de big data et de sécurité à Airbus pour un montant pouvant aller jusqu’à 1,8 milliard d’euros. Le prix demandé a été fixé sur la base d’un PE historique et des prévisions imaginaires, ce qui est plutôt incompréhensible à ce stade de la situation puisque la société a perdu tout confiance de la part des clients. Atos a également mené des discussions séparées pour vendre son activité Tech Foundation à une société d’investissement dirigée par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky pour un montant de 2 milliards d’euros. Ici, on retrouve le même principe de discussion, une valorisation basée sur un P/E historique et des prévisions tronquées.
À l’époque, Atos a déclaré qu’il étudiait des alternatives qui prendraient en considération “les impératifs souverains de l’État français”. Certains législateurs français ont cherché à nationaliser le groupe en difficulté – ce qui n’est pas une bonne stratégie de l’Etat, puisque lui-même est fortement endetté.
Aujourd’hui, l’entreprise cherche à rétablir sa rentabilité et à améliorer son profil de crédit, dans l’espoir de retrouver un profil de notation BB d’ici 2026. En février, S&P Global a abaissé la note d’Atos pour la troisième fois en moins d’un an, estimant que le groupe pourrait être confronté à des difficultés ou à des retards dans la résolution de son manque de liquidités. S’il n’y a pas d’amélioration, la dette d’Atos prendra le statu « spéculative ».
Pour l’année en cours, Atos prévoit un chiffre d’affaires d’environ € 10 milliards, en légère baisse de 1,9 % par rapport à 2023, avec une marge d’exploitation de 4,3 %. À la fin de 2027, le groupe prévoit un chiffre d’affaires de €11,42 milliards une marge d’exploitation d’environ 10,3 %.
