Certains remettent en question les points de vue optimistes concernant la conjoncture sur le court terme. La baisse récente des rendements obligataires mondiaux est en effet considérée avec inquiétude et paraît un coup de semonce pour les perspectives de croissance.
Le déclin effectif des rendements obligataires reflète surtout la révision à la baisse des prévisions de croissance et d’inflation après un premier trimestre très faible.
Et maintenant, quel avenir ?
Prenons en compte que les facteurs temporaires négatifs (les conditions climatiques dans les pays développés en particulier) et l’impact différé du resserrement budgétaire de l’été précédent vont cesser de peser sur l’économie mondiale. La baisse des rendements obligataires mondiaux constitue un assouplissement de conditions financières déjà très accommodantes. Cette baisse devrait donc soutenir la croissance mondiale dans les mois à venir et par conséquent, le marché des actions et ses valorisations.
Dans le cas où l’impression qui ressort des marchés obligataires est infondée, les perspectives de croissance et les conditions financières vont s’avérer être un soutien pour la croissance. Toutefois, sur le plan mondial, l’offre est en excès sur le marché du travail et en particulier dans les pays développés. L’accélération à court terme de l’économie ne devrait par conséquent pas déclencher une hausse durable de l’inflation, d’autant plus que le pouvoir d’achat des classes moyennes manque à l’appel. Autre évidence, certaines banques centrales ont toute latitude pour agir et mener une politique encore plus accommodante.
La hausse des taux obligataires américains est plus préoccupante. En effet, la fin du QE aujourd’hui évoquée risque de devenir une réalité au troisième trimestre ; les marchés devraient mal digérer l’augmentation des taux américains. À l’heure actuelle, les taux américains à 10 ans sont prévus à 2,6 % pour la fin d’année. Le chiffre est certes bas ; une hausse des taux américains risque de créer d’une part de la volatilité dans les marchés d’actions, d’autre part des flux financiers des pays émergents et périphériques vers les États-Unis.
En Europe, l’analyse relève une réduction de 90bp des « spreads » de l’Italie et de l’Espagne d’ici à un an. Les déclarations récentes de la BCE encouragent nettement les investisseurs à s’engager sur les marchés obligataires de la périphérie européenne pour les 12 mois à venir. La baisse des taux améliore en outre la soutenabilité de la dette publique et ainsi, la baisse des taux sur les marchés obligataires est devenue autoréalisatrice.
Quels sont les risques ?
Ils consistent sans nul doute en :
- tensions géopolitiques (Crimée, effet négatif des élections européennes)
- deux risques macroéconomiques majeurs en provenance des États-Unis et de la Chine
- Pour les États-Unis : a) une hausse de l’inflation plus forte que prévu ; b) des perspectives de croissance mal anticipées,
- Pour la Chine : a) le non-ajustement des pays émergents au ralentissement de la croissance, b) la non-réduction de la dette privée.
