Le géant allemand Bayer, à la croisée de l’agrochimie et de la pharmacie, cherche à redresser la barre après plusieurs années marquées par des défis majeurs : lourdes charges juridiques liées au glyphosate (acquis avec Monsanto), pressions sur la rentabilité et perte progressive d’exclusivités sur ses principaux blockbusters pharmaceutiques.
Sur le plan pharmaceutique, Bayer se prépare à faire face à la fin de la protection du brevet du Xarelto, son anticoagulant vedette, qui a généré des milliards d’euros de chiffre d’affaires. Afin d’atténuer cet impact, le groupe prévoit le lancement de deux nouvelles molécules ainsi que de deux nouvelles indications en 2025. Cette stratégie vise à alimenter le pipeline de revenus et à compenser partiellement la perte de chiffre d’affaires attendue.
Par ailleurs, Bayer espère un véritable retour à la croissance pour son pôle pharmaceutique à partir de 2027, grâce à :
- De nouveaux traitements ciblant l’oncologie, les maladies cardiovasculaires et l’immunologie.
- Une accentuation de la recherche sur les thérapies cellulaires et géniques.
- Une rationalisation de son portefeuille pour se concentrer sur des franchises à forte valeur ajoutée.
Le groupe devra cependant naviguer dans un contexte exigeant : les défis liés à la productivité de la R&D, la pression sur les prix des médicaments et la nécessité de rétablir la confiance des investisseurs après plusieurs avertissements sur résultats.
Du côté de l’agrochimie, Bayer continue de restructurer ses activités pour améliorer sa rentabilité, mais reste exposé aux litiges passés et aux critiques environnementales croissantes.
Résumé stratégique pour Bayer :
- Situation délicate mais sous contrôle : Bayer est en phase de transition difficile, nécessitant des résultats concrets sur son pipeline pour rassurer les marchés.
- Stratégie claire : multiplier les lancements pour atténuer la chute du chiffre d’affaires liée à la fin du brevet du Xarelto.
- Atouts : capacité d’innovation en thérapie génique, diversification agrochimie/pharmacie (même si cela est aussi une faiblesse).
- Principaux risques : poids financier et réputationnel des litiges passés, intensification de la concurrence pharmaceutique mondiale, lenteur possible du retour à la croissance.
