Changement brutal dans les stratégies d’investissement
Les chiffres sur l’emploi de vendredi dernier modifient considérablement les paramètres de l’investissement ; jusqu’alors, les investisseurs partaient du principe que la Réserve fédérale des États-Unis passerait à une augmentation des taux d’intérêt à la fin de cette année 2015 ou au début de l’année 2016. Or, la santé solide du marché de l’emploi au mois de janvier pourrait avoir des conséquences sur la direction prise par la Réserve fédérale ces prochains mois. Les licenciements dans le secteur pétrochimique ne bouleversent en effet ni le marché de l’emploi, ni la confiance du consommateur.
La croissance globale du marché de l’emploi est restée constante sur une longue période ; à l’heure actuelle, ses chiffres excellents sont couplés avec une progression des salaires.
Les investisseurs et le marché n’attendaient en aucun cas des chiffres de cet ordre ; de plus, ce nouveau paradigme ne se reflète pas encore dans les prix. Cette envolée se révèle très positive ; les chiffres exprimés mettent certes l’accent sur les bénéfices mensuels, mais aussi les prévisions avancées précédemment sont révisées à la hausse.
Quelles sont les implications pour le marché ?
Sur un plan historique, les prémices d’un cycle de resserrement de la Réserve fédérale ont des répercussions positives sur les actions ; l’économie se trouve en effet renforcée. Cependant, il ne faut pas imaginer d’implications directes sur le marché des actions, même si le marché peut réagir en terme de prises de bénéfices (lesquels pourraient intervenir plusieurs semaines avant la fin du deuxième trimestre 2015). Dans un tel contexte, la volatilité risque d’augmenter.
Enfin, si les taux commencent à grimper, les titres du secteur de l’énergie et des matériaux pourraient enregistrer des performances supérieures à la moyenne du marché. Les banques pourraient également enregistrer des bénéfices et même gagner un peu d’argent sur leurs énormes bilans grâce à l’augmentation des taux d’intérêt. Cependant un arbitrage sur les taux d’intérêt élevés représente aussi un risque pour elles : elles doivent en effet convertir leurs portefeuilles de crédit à des taux plus haut, et peuvent ainsi compromettre une partie de leur clientèle détentrice de crédits plus fragiles. D’un autre côté, la hausse du coût du capital va avoir un impact négatif pour les fonds d’investissements immobiliers, les investissements en capitaux dans l’immobilier commercial, les fonds de placements immobiliers et les propriétés privées.
