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Contexte macro-économique global May 2025

Dans un contexte économique mondial toujours marqué par les séquelles de la pandémie, les tensions géopolitiques et le durcissement des politiques monétaires, l’Europe et les États-Unis affichent des dynamiques contrastées. Alors que l’économie européenne surprend par une croissance plus robuste qu’attendue au premier trimestre, les États-Unis entrent techniquement en récession, pénalisés par un recul des exportations et des investissements. Ces divergences s’accompagnent de défis communs, notamment une inflation persistante, des pressions sur les marges des entreprises et un marché du travail qui, bien que résilient, commence à montrer des signes de ralentissement. Cette analyse comparative vise à explorer les forces et fragilités respectives de ces deux grandes zones économiques à la lumière des données récentes et des perspectives pour le reste de l’année.

 

Europe :

  • Les chiffres de croissance du premier trimestre ont surpris positivement, étant légèrement meilleurs qu’attendus.
    • Cela indique que l’économie européenne pourrait être plus résiliente qu’on ne le pensait face aux tensions économiques mondiales, aux hausses de taux d’intérêt et à la guerre en Ukraine.
    • Les secteurs les plus dynamiques sont l’industrie (notamment l’automobile et la construction), et les services, bien que les secteurs de consommation restent sous pression avec l’inflation persistante.
  • Cependant, l’optimisme reste limité, car les perspectives pour le reste de l’année restent incertaines :
    • Inflation persistante.
    • Hésitation des consommateurs.
    • Contraction attendue des marges des entreprises, due à des coûts plus élevés (énergie, matières premières, salaires).

États-Unis :

  • Récession technique : Le PIB s’est contracté de 0,3 % au premier trimestre, marquant la première contraction depuis trois ans.
    • Cette récession technique a été en grande partie attribuée à une chute des exportations et à un recul de l’investissement des entreprises.
    • Les droits de douane imposés aux biens importés en 2023 ont eu un impact direct sur les importations et le commerce international, poussant les entreprises américaines à anticiper en achetant des biens avant la mise en œuvre des taxes.
    • Les problèmes de chaîne d’approvisionnement liés aux tensions géopolitiques et à la pandémie de COVID-19 sont encore visibles.
  • Mais : les investisseurs ont aussi pris note de résultats d’entreprises dans de nombreux secteurs qui se sont avérés solides, notamment dans le secteur technologique et la santé, ce qui a contribué à tempérer l’inquiétude.

 

 

Inflation et Pressions Salariales

Europe :

  • Inflation élevée dans plusieurs pays, bien que les indices de prix aient montré des signes de modération, principalement en Allemagne et en France.
    • Les banques centrales européennes (BCE) continuent de lutter contre la hausse des prix avec une politique monétaire restrictive, augmentant les taux d’intérêt pour freiner la demande.
    • Cependant, les hausses de salaires dans certains secteurs commencent à mettre en péril les gains en matière de compétitivité (particulièrement dans la production industrielle).

États-Unis :

  • L’inflation américaine, bien que modérée en début d’année, reste au-dessus des objectifs de la Réserve Fédérale (Fed).
    • La pression sur les prix semble surtout provenir de l’énergie, du logement et des aliments, bien que l’inflation salariale ait diminué, en particulier dans les secteurs non-tech.
    • L’inflation salariale étant un facteur clé dans les décisions de politique monétaire, le recul de ces pressions pourrait permettre à la Fed de freiner la hausse des taux.

 

 

Marché du Travail : Résilience malgré les Signes de Faiblesse

Europe :

  • Le marché du travail européen reste solide malgré les craintes économiques.
    • Le taux de chômage reste bas dans plusieurs pays, bien que les entreprises commencent à ralentir leurs recrutements face à des perspectives économiques moins favorables.
    • Les pressions salariales restent modérées, mais l’augmentation des coûts de main-d’œuvre pourrait peser sur la compétitivité dans les secteurs non-financiers.

États-Unis :

  • Marché du travail américain continue de montrer des signes de résilience avec un taux de chômage historiquement bas.
    • Toutefois, les soulèvements dans certains secteurs (services, technologie, santé) sont visibles, où des ajustements dans les embauches ou des réductions de coûts sont en cours.
    • Le ralentissement des pressures salariales pourrait être une conséquence des ajustements économiques que les entreprises doivent faire face à des coûts d’emprunt plus élevés.

 

Comparatif : États-Unis vs Europe

Critères

Europe

États-Unis

Croissance économique Q1

Meilleure que prévu, mais incertaine

Récession technique (-0,3 %)

Inflation

Modération dans certains pays, mais toujours élevée

Modérée, mais encore au-dessus des objectifs de la Fed

Marché du travail

Solide mais ajustement en cours (recrutement ralenti)

Résilient mais ajustement dans certains secteurs

Pressions salariales

Modérées dans l’ensemble

Ralentissement des pressions salariales

Perspectives pour 2025

Hésitation, dépend des taux d’intérêt

Dépend de la politique monétaire de la Fed

Impact des droits de douane

Moins affectée que les États-Unis

Fort impact sur le commerce et les importations

 

Conclusion

Europe :

  • L’Europe semble mieux gérer sa croissance que les États-Unis, avec des résultats économiques positifs au premier trimestre.
  • Cependant, l’incertitude demeure, et les risques d’une nouvelle récession en fin d’année sont présents, en raison de l’inflation persistante et des hausses des taux d’intérêt.

États-Unis :

  • La contraction économique au Q1 est préoccupante, bien qu’elle soit en grande partie due à des facteurs temporaires (droits de douane, importations massives avant l’imposition de taxes).
  • Le marché du travail reste robuste, mais les hausses de taux d’intérêt et les pressions sur les marges des entreprises pourraient ralentir la croissance à court terme.