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Croissance en berne, inflation tenace : l’économie américaine en zone d’incertitude

La semaine a été dominée par deux indicateurs majeurs aux États‑Unis : la croissance et l’inflation. Le PIB du quatrième trimestre a progressé de seulement 1,4% en rythme annualisé, soit deux fois moins qu’attendu. Le shutdown de 43 jours à l’automne a clairement pesé sur l’activité, en particulier sur la consommation, dont la progression a ralenti à 2,4% contre 3,5% au trimestre précédent.

En parallèle, l’inflation PCE de décembre a surpris à la hausse, ressortant à +3% sur un an, son rythme le plus rapide depuis février 2025. Cette combinaison — croissance décevante et inflation persistante — renforce les doutes des investisseurs sur la trajectoire économique américaine. Le marché obligataire a réagi immédiatement : le taux à 10 ans est brièvement passé sous les 4%, un plus bas annuel, signe d’un regain d’inquiétude sur la croissance.

L’idée d’un soutien rapide de la Fed apparaît toutefois illusoire. Les minutes de la réunion de janvier montrent qu’une majorité de membres privilégie un statu quo prolongé, malgré le ralentissement de l’activité. Le marché doit donc composer avec une banque centrale prudente, peu encline à assouplir tant que l’inflation ne reflue pas de manière convaincante.

Sur le plan politique, la décision de la Cour suprême d’invalider les droits de douane imposés par Donald Trump ajoute une nouvelle dimension à l’incertitude. La Maison Blanche dispose encore d’outils juridiques pour réintroduire ces mesures, ce qui laisse présager une volatilité accrue sur le front commercial. Cette décision intervient dans un contexte géopolitique déjà tendu, alors que les États‑Unis accentuent la pression sur l’Iran et que le risque d’une opération militaire reste présent.

À court terme, l’économie américaine évolue donc dans une zone grise : croissance affaiblie, inflation encore trop élevée, politique monétaire figée et incertitudes géopolitiques en toile de fond. Pour les investisseurs, le profil macro reste asymétrique, avec un risque de volatilité accrue sur les taux, les devises et les actifs cycliques.