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Europe – la reprise se poursuit

Economic recovery in EuropePerspectives économiques de la zone euro : la reprise se poursuit.

Tous les yeux étaient braqués sur la Réserve fédérale des États-Unis durant le mois de septembre. Les taux d’intérêt américains sont à présent devenus une discussion sans intérêt; Or, les principes économiques fondamentaux qui régissent les États-Unis se trouvent en complète contradiction avec les performances boursières mondiales. Au cours de ces trois dernières années, ces performances ne provenaient pas d’une activité économique accrue ou plus florissante, mais étaient plutôt dictées par des rendements comptables plus élevés ou des programmes de rachats d’actions. 

L’annonce de la Réserve fédérale des États-Unis, la fraude de Volkswagen sur les émissions de CO2 et la crise de liquidités chez Glenscore ont provoqué sur le marché une onde de choc comparable à un tremblement de terre de 9 sur l’échelle de Richter. Certes, l’affaire Volkswagen est en réalité un chapitre de la guerre économique qui oppose l’Europe et les États-Unis (une guerre dont l’Europe a perdu chaque bataille jusqu’à aujourd’hui) ; mais la chute de Glencore traduit à la perfection les dangers d’une stratégie d’investissement basé sur un fort endettement. Dans le cas de Glencore, le différé de la reprise économique sur les marchés émergents a été le grain de sable dans les rouages d’une machine très bien huilée.

Depuis la crise financière de 2008, le taux de croissance global observé est inférieur à celui des cycles économiques précédents. De nouveaux facteurs sont apparus dans la croissance économique ; par exemple, le grand nombre d’individus bien installés ne permettent plus d’obtenir la croissance attendu, en grande partie à cause de l’uberisation de l’économie. C’est particulièrement vrai en Asie et en Amérique latine ; dans ces deux régions, la croissance des 20 dernières années s’alimentait sur les projets d’infrastructure et sur la demande externe de produits de base. Aux États-Unis, l’industrie du service est bien plus en avance que dans le reste du monde ; le 1 % supérieur tire profit d’une croissance globale qui se situe entre 7 et 8 %, près de 80 % de la population se trouvent dans des conditions aussi stabilisées qu’en Europe et les 19 % restants sont exposés à des occasions de croissance en diminution.   

Ces dernières années, les prévisions de croissance revues à la baisse pour les marchés émergents, Chine en tête, sont devenues habituelles. Cependant, quelques signes plaident en faveur d’une stabilisation. Il est dès lors justifié de se demander laquelle de ces régions (l’Europe ou l’Amérique du Nord) sera le moins affectée par cette tendance au ralentissement qui s’éternise : les États-Unis, au marché dépendant des consommateurs et des services ou l’Europe, avantagée à la fois par les tarifs en baisse des énergies ou des matières premières, et par la faiblesse de l’euro favorable aux exportations.  

Les statistiques démontrent en fait l’opposition actuelle entre les États-Unis et l’Europe. Les dernières données suggèrent une croissance de l’économie américaine de 2,2 % dans la première moitié de 2015 ; en Europe, la croissance est établie en moyenne à 1,5 % depuis quatre trimestres. Si dans la zone euro, le taux de chômage reste assez élevé, il est tombé à 5,1 % aux États-Unis au mois d’août. Toutefois, notons que le cycle économique est en train de se clore aux États-Unis alors qu’en Europe, il est en phase initiale. En Europe, par voie de conséquence, ne peut intervenir qu’une hausse.

Plusieurs éléments augurent de bonnes perspectives pour le marché boursier européen: les tarifs bas des énergies et des produits de base combinés, les faibles taux d’intérêt qui se maintiennent sur une longue période, la parité EUR-USD qui permet de négocier au plus proche de la valeur juste, le QE qui devrait se prolonger en 2018, les bilans positifs au niveau des ménages et la dépendance moindre envers les marchés émergents.

Risques de revers : en Europe, le climat social et la sécurité de l’emploi jouent un rôle important au quotidien. De là, les réformes économiques sont plus difficiles à entreprendre et à mener à terme qu’ailleurs. Cet élément entrave le redémarrage économique. De plus, certains pays, dont la France et l’Italie, n’ont pas mis en œuvre durant la période de transition de 2011 à 2013 les réformes fondamentales nécessaires sur le marché de l’emploi et dans les régimes de retraite. Dans le cas où ces problèmes ne seraient pas réglés rapidement, ils conduiront à un système à deux vitesses, avec d’un côté l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas, les pays scandinaves, la Pologne et de l’autre, la France, l’Italie et la Grèce.