🚀 On vérifie et on y va
Les marchés mondiaux ont fortement chuté aujourd’hui après que plusieurs grands dirigeants de la finance ont lancé de sévères avertissements sur un possible retournement de tendance. David Solomon, PDG de Goldman Sachs, et Ted Pick, PDG de Morgan Stanley, ont tous deux indiqué que les marchés actions pourraient connaître une correction de 10 à 20 % au cours des 12 à 24 prochains mois, évoquant des risques accrus et une volatilité persistante.
Pour aggraver les inquiétudes des investisseurs, le président de l’UBS, Colm Kelleher, a mis en garde contre un risque systémique croissant sur le marché du crédit privé, tandis que l’incertitude autour des prochaines décisions de la Réserve fédérale américaine (Fed) a renforcé la nervosité sur les marchés financiers.
Lors du Global Financial Leaders’ Investment Summit à Hong Kong, Solomon a déclaré qu’« il est probable que les marchés actions connaissent une baisse de 10 à 20 % d’ici 12 à 24 mois ». Ted Pick, de son côté, a estimé que de telles corrections « font partie intégrante des cycles de marché », tout en reconnaissant qu’elles justifient une certaine prudence de la part des investisseurs.
La réaction a été immédiate. Le STOXX Europe 600 a reculé de 1,41 % en début de séance, le FTSE 100 britannique de 1,11 %, et le Nikkei 225 japonais de 1,74 %. La Corée du Sud a subi la plus forte baisse, avec un KOSPI en repli de 2,37 %. Aux États-Unis, les futures du S&P 500 et du Nasdaq 100 ont également chuté de plus d’un point avant l’ouverture de Wall Street, les valeurs technologiques à forte volatilité menant la baisse : Palantir a perdu près de 7 % dans les échanges hors séance, Tesla 2,45 %, et Meta 1,22 %.
Sur un autre panel, Colm Kelleher (UBS) a averti de « risques systémiques imminents » dans les secteurs de l’assurance et du crédit privé, où la réglementation inégale et les notations trop complaisantes pourraient amplifier les tensions lors d’un retournement de cycle. « Si l’on regarde le secteur de l’assurance, il existe un risque systémique croissant dû à un manque de régulation efficace », a-t-il déclaré.
Parallèlement, l’incertitude liée à la Réserve fédérale américaine a ajouté une nouvelle couche de volatilité. Lisa Cook, gouverneure de la Fed, et Austan Goolsbee, président de la Fed de Chicago, ont tous deux indiqué qu’ils restaient indécis sur l’opportunité d’une nouvelle baisse des taux en décembre, rappelant que chaque réunion demeure « ouverte » et guidée par les données économiques.
Ces déclarations ont accru les craintes d’un durcissement monétaire prolongé, d’autant que l’indice ISM manufacturier d’octobre est tombé à 48,7 %, bien en dessous des attentes (49,3 %), signalant une contraction de l’activité.
La poursuite du blocage du gouvernement américain a encore assombri le tableau, privant les marchés de données économiques clés comme les statistiques commerciales. Les investisseurs doivent désormais se fier à des indicateurs privés, souvent moins fiables, renforçant le sentiment d’opacité et d’incertitude.
Pour l’instant, le message des grands dirigeants de la finance est clair : après une longue période de hausse et de valorisations élevées, une phase de correction semble inévitable. Reste à savoir si elle se produira progressivement ou brutalement, tout dépendra des prochaines décisions de la Fed, de la santé du marché du crédit privé et de la capacité des investisseurs à se repositionner dans un environnement macroéconomique de plus en plus incertain.
