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L’ambitieux plan de Renault

Après avoir vendu quelques 420k unités en douze ans, la production des voitures Zoe s’arrêtera. C’est un échec commercial pour Renault comme pour les modèles Dauphine, 4L, R5, Clio ou encore Twingo qui n’ont jamais pu s’imposer autre que dans le marché local.

Mais, l’arrêt de la Zoe marquera une étape majeure du renouveau du site de production de Flins, puisque plus aucune voiture neuve ne sortira de ses chaînes. Une première depuis 1952 et plutôt étrange pour un fabricant de voitures.

En effet, le site de Flins est en train de se transformer en “site dédié à l’économie circulaire à grand échelle”. Un changement radical pour un constructeur d’automobiles. Dès lors, sur le site de Flins, Renault ne produira plus des voitures en flux continu mais elle fera du neuf avec vieux. Dès 2015, Renault a commencé à modifier le site de 232 hectares et développé une quinzaine d’activités, qui vont de l’injection plastique, à l’impression 3D ou de la mécanique. S’il n’est évidemment pas le seul à miser sur l’économie circulaire, Renault a le mérite d’avoir industrialisé cette activité à un niveau encore inédit. La société espère pouvoir reconditionner 45’000 véhicules d’ici 2025, et à l’horizon de 2030 en tirer un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros.

En mettant l’accent sur la valorisation des autos cabossées ou de seconde main, le constructeur prend le contre-pied d’une vision qui ne jurerait que par le zéro C02 et l’électrique. Réutiliser de la matière est particulièrement pertinent puisque tout est réparable et remplaçable dans une voiture. Renault espère pouvoir reconditionner les éléments clés d’une voiture, à savoir les turbos, le injecteurs, les boîtes de vitesses, les moteurs, et bien d’autres. Mieux, Renault a installé 18 imprimantes 3D permettant à fabriquer la pièce manquante sur mesure.

L’idée de l’économie circulaire est ingénieuse et habile puisqu’elle revalorisera à travers l’opération de restauration à grand échelle, la main-d’œuvre qualifiée et locale. Renault fait une lecture très pragmatique de la société et des condition sociaux-économique, à savoir revaloriser le travail manuel et donner de la fierté aux employées.

Mais Renault risque de se tromper dans son approche. Les mandats de travail d’aujourd’hui sont standardisé ce qui améliore la qualité et la productivité. Au grand dam des syndicats, l’employée d’aujourd’hui n’est que peu « multi-missions » et il est habitué à avoir peu d’autonomie ce qui se traduit par une grande frustration et un manque de volonté à s’engager dans le futur. Les activités que Renault proposera sur le site de Flins favorisent l’organisation du travail horizontale (à l’opposé du modèle traditionnel français et toute la société française est formée pour diriger l’autre) et une prise de décision individuelle, puisqu’aucune opération de restauration ne ressemblant à une autre.