Les prix du pétrole connaissent une envolée marquée cette semaine, avec un Brent au‑delà de 71 USD et un WTI franchissant les 66 USD, son plus haut niveau depuis août. Cette progression ne reflète pas une amélioration des fondamentaux, mais l’intégration d’une prime de risque géopolitique de plus en plus importante. Les investisseurs réévaluent brutalement le scénario central face à la montée des tensions entre les États‑Unis et l’Iran, qui domine désormais l’ensemble de l’actualité énergétique.
L’administration américaine a durci le ton, exigeant un nouvel accord sur le nucléaire iranien dans un délai de 10 à 15 jours, sous peine d’action militaire. Malgré des discussions à Genève, les signaux envoyés par Washington, notamment via le vice‑président J.D. Vance, indiquent que Téhéran ne répond pas aux exigences américaines, ce qui éloigne toute perspective de désescalade. Le marché commence donc à intégrer la possibilité d’un conflit, qu’il soit limité ou prolongé.
Le risque majeur concerne le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part essentielle du pétrole mondial. Toute perturbation, même temporaire, provoquerait un choc d’offre immédiat et potentiellement violent, affectant non seulement les prix du brut mais aussi l’ensemble des chaînes logistiques énergétiques. Les opérateurs redoutent un scénario où les infrastructures du Golfe persique seraient directement menacées, ce qui amplifierait encore la volatilité.
À court terme, le marché pétrolier reste donc entièrement piloté par la géopolitique. Les prix intègrent un biais haussier tant que l’incertitude persiste, et la moindre évolution diplomatique pourrait déclencher des mouvements brusques. À moyen terme, la trajectoire dépendra de la capacité des acteurs à éviter une confrontation directe et à sécuriser les flux énergétiques mondiaux. Le profil risque/rendement demeure asymétrique, avec un risque de choc d’offre qui domine largement les perspectives.
