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L’incroyable renaissance de l’industrie américaine et son retentissement sur les investisseurs

Re-industrialization; USA, Energy, Europe, Saudi-Arabia, Russia, Shale gas, Shale oil,La réindustrialisation des États-Unis est-elle un mirage ?

La réindustrialisation amorcée aux États-Unis se fonde sur plusieurs facteurs ; elle repose pour l’essentiel sur une énergie abondante et bon marché, le gaz et le pétrole de schiste. ArcelorMittal estime que le prix de l’énergie a diminué, toutes choses égales par ailleurs, de 50 % durant les dernières huit années aux États-Unis. Si l’industrie américaine retrouve sa compétitivité grâce à une énergie moins chère, elle peut également s’appuyer sur un marché du travail beaucoup plus flexible qu’ailleurs.

Ce développement entraîne par conséquent deux phases bien distinctes : a) dans un premier temps, le développement de l’industrie lourde comme l’extraction, le raffinage du pétrole et la séparation des produits annexes, la construction, et le secteur automobile ; b) deuxièmement, la croissance du secteur des produits de luxe.

L’opportunité que représente l’industrie américaine se déroule dans un cadre sociopolitique plutôt stable ; elle crée un vide exploité par les sociétés à travers le monde. Pour certaines sociétés européennes, le chiffre d’affaires généré sur le sol américain a augmenté de plus de 50 % depuis le début de la crise financière en 2007. La présence de sociétés européennes aux États-Unis ne se limite pas à la seule région du Texas ; elles se déploient également dans le Middle West, en Alabama, et sur la côte Est. 

Le phénomène et l’étendue de la réindustrialisation des États-Unis sont difficilement mesurables. Selon une analyse de l’American Chemistry Council (ACC), l’industrie chimique liée au gaz de schiste dégagerait un potentiel d’investissement estimé à plus de 120 milliards de dollars sur les dix prochaines années.

De plus, la réindustrialisation des États-Unis profite au monde entier. En effet, les sociétés étrangères qui approvisionnent l’industrie américaine le font, en règle générale, avec des lignes de produits à haute valeur ajoutée. 

Puisque le volume d’investissement demeure important, le phénomène de la réindustrialisation devrait conduire à des profits en conséquence. Dès lors, il est possible que les États-Unis deviennent moins dépendants de l’endettement pour financer leur train de vie. L’ancien directeur du FMI, DSK, va plus loin encore : d’après lui, le rééquilibrage économique provoquera au final la diminution de la prédominance du dollar comme monnaie de référence pour les affaires internationales. 

Partons d’un point de vue plus large et considérons les éléments qui étayent le mouvement de réindustrialisation aux États-Unis. Le pays applique d’une manière très efficace une stratégie socio-économique de colonisation. Cette stratégie s’appuie sur une relation où chacun accepte de faire des concessions, où le bien-être démocratique, économique et la paix sont encouragés. Néanmoins, la relation que les États-Unis maintiennent avec ces États est fortement idéologique et endoctrinée. Dés lors, elle ne peut pas durer.

Les exemples qui viennent à l’esprit sont : a) la fissure dans les relations avec l’Arabie Saoudite et l’Europe et les efforts de réconciliation avec l’Iran et Cuba. Cette évolution trouve son origine lors de la première guerre du Golfe : un certain nombre d’affrontements par procuration ont eu lieu au Moyen-Orient ; de nouvelles alliances se sont forgées alors dans le but de protéger l’activité pétrolière et de parvenir à une indépendance énergétique complète de l’industrie américaine.

Le renouvellement du lien avec l’Iran vise à stabiliser les puissances en place dans une région fragile et à garantir à Israël une marge de manœuvre. La levée des sanctions envers Cuba incite les dirigeants sud-américains comme Morales, Maduro, Ortega et Santos à assouplir leur position envers les États-Unis. À chaque fois, les données politiques impliquent des investissements utiles aux sociétés américaines. Les sanctions prises contre la Russie aboutissent en premier lieu à une fragilisation du système économique européen. Ce système est une épine dans le pied pour l’administration et les industries américaines : les gouvernements de type technocratiques s’installent peu et ne progressent pas suffisamment. L’évolution par ailleurs pousse le gouvernement chinois à s’intéresser davantage aux exigences des consommateurs américains et moins à celles des Européens. 

Ces points pris séparément ne présentent que peu d’intérêt. Il s’agit de considérer les connexions et les flux monétaires et économiques qui en résultent ; une conclusion s’impose alors : l’ensemble converge bien vers les États-Unis et stimule l’industrialisation du continent nord-américain. Un dernier point retient notre attention et entraîne une réflexion : Depuis 2011, le taux de chômage a été considérablement réduit; les statiques montrent une croissance globale de poste de travail de 5 % pour les dernier 12 ans. Or seul le secteur pétrochimique (y compris le développement de gaz et pétrole de schiste) a crée plus de 6 million postes de travail (net) ces dernières 12 années.  Dès lors il se peut qu’un bon nombre de ces postes de travail risque de disparaître d’ici cet été si le prix de pétrole reste à son niveau actuel.