L’annonce d’un cessez‑le‑feu, même précaire, entre les États‑Unis et l’Iran a ravivé l’appétit pour le risque et déclenché un rebond marqué sur les marchés financiers. Les actions ont fortement progressé, tandis que le dollar a cédé du terrain, signe d’un repositionnement rapide des investisseurs vers des actifs plus cycliques. Cette détente géopolitique a également entraîné une chute brutale du pétrole avant un léger redressement, les opérateurs attendant des preuves concrètes d’une réouverture du détroit d’Ormuz, toujours largement paralysé. Les obligations souveraines, quant à elles, évoluent avec prudence : le Bund allemand à 10 ans se maintient au‑dessus de 2,90 %, soutenu par des craintes inflationnistes persistantes liées à l’énergie et par une demande accrue de financement pour les investissements publics.
L’amélioration du sentiment de marché s’est confirmée tout au long de la semaine, portée par l’espoir d’une désescalade durable au Moyen‑Orient et par la perspective de négociations diplomatiques supplémentaires ce week‑end. Le repli du pétrole a contribué à apaiser les inquiétudes sur l’inflation, renforçant l’idée que le pire pourrait être derrière nous. Le MSCI Monde, après avoir perdu 6,5 % en mars — sa plus mauvaise performance en trois ans — a déjà rebondi de 5 % sur les premiers jours d’avril, alimenté par l’idée que les marchés auraient touché un point bas fin mars. Cette reprise reste toutefois fragile : la saison des résultats s’ouvre la semaine prochaine et pourrait raviver la volatilité, notamment dans un contexte où les attentes bénéficiaires demeurent élevées.
La dynamique sectorielle reflète également un changement de régime. La thématique de l’intelligence artificielle, brièvement éclipsée par les tensions géopolitiques, revient au premier plan. Les fournisseurs de matériel et les grandes plateformes technologiques en profitent, tandis que l’écosystème logiciel apparaît comme le grand perdant potentiel de l’automatisation du code. Sur le plan macroéconomique, la semaine sera dominée par une série de statistiques chinoises, essentielles pour jauger la vigueur de la reprise mondiale, et par les prix à la production américains, particulièrement sensibles aux tensions énergétiques observées en mars. Dans ce contexte, une allocation prudente reste recommandée : le rebond est réel, mais dépend encore largement de facteurs externes et de signaux économiques qui devront confirmer la tendance.
