L’or, traditionnel baromètre de l’aversion au risque, a vécu une semaine mouvementée, frôlant la barre symbolique des 4 000 USD avant de se replier nettement. À 4 220 USD l’once, le métal précieux s’oriente vers une baisse de plus de 2 %, pénalisé par un environnement macroéconomique moins favorable. Le reflux des prix du pétrole, lié aux espoirs d’un accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran et à la possible réouverture du détroit d’Ormuz, a réduit la prime de risque géopolitique qui soutenait l’or ces dernières semaines. Dans le même temps, la perspective d’une inflation durablement élevée, alimentée par des prix de l’énergie encore fermes, renforce l’idée que la Fed et la BCE maintiendront des taux d’intérêt élevés plus longtemps. Pour un actif non rémunérateur comme l’or, ce contexte constitue un vent contraire puissant, malgré le soutien partiel des achats des banques centrales et des flux ETF.
Le cuivre, de son côté, poursuit son repli, tombant à 13 380 USD la tonne sur le LME, son plus bas niveau en trois semaines. Ce mouvement reflète une double inquiétude : d’une part, les tensions persistantes au Moyen-Orient, qui alimentent la volatilité des marchés ; d’autre part, la crainte d’un ralentissement économique mondial susceptible de peser sur la demande industrielle. Le cuivre, souvent considéré comme un indicateur avancé de l’activité économique, réagit fortement à ces signaux. Pourtant, un élément structurel vient nuancer cette faiblesse : les stocks continuent de diminuer dans les entrepôts du LME, signe d’un resserrement de l’offre. Cette contraction des inventaires suggère que le marché reste tendu, même si la demande immédiate se montre plus hésitante.
Pour les investisseurs, la situation des métaux appelle une lecture à plusieurs niveaux. L’or reste pris entre deux forces opposées : un environnement géopolitique encore fragile, qui soutient ponctuellement les cours, et une politique monétaire restrictive qui limite son potentiel à court terme. Le cuivre, quant à lui, reflète davantage les inquiétudes conjoncturelles que les fondamentaux de long terme, toujours portés par la transition énergétique, l’électrification et les besoins en infrastructures. La question centrale devient celle du timing : la détente géopolitique et la normalisation de l’inflation pourraient redonner de l’air à l’or, tandis que la poursuite du déstockage et la résilience de la demande structurelle pourraient stabiliser le cuivre. Dans un marché où les signaux sont contrastés, les métaux demeurent un indicateur précieux de l’équilibre fragile entre croissance, inflation et géopolitique.
