Nestlé traverse une période charnière après avoir longtemps incarné la stabilité et la prévisibilité dans l’industrie alimentaire mondiale. La guerre en Ukraine, l’inflation des matières premières et une réaction tardive aux pressions sur les coûts ont fragilisé un modèle historiquement robuste. À cela se sont ajoutés plusieurs scandales, pizzas Buitoni contaminées, irrégularités dans les eaux minérales, rappels de laits infantiles, qui ont entamé la confiance des consommateurs et des investisseurs.
L’arrivée du duo Philippe Navratil (direction) et Pablo Isla (présidence) marque un tournant stratégique. Leur approche, plus disciplinée et centrée sur la croissance rentable, semble avoir rassuré le marché, comme en témoigne la réaction positive à la mise à jour stratégique. Toutefois, la disparition de Nestlé Health Science, pourtant présentée comme un pilier de croissance, rappelle que les orientations passées peuvent être brutalement révisées.
Le groupe reste confronté à plusieurs défis structurels : une dette élevée liée aux rachats d’actions, une concurrence accrue des marques de distributeurs et la nécessité de reconstruire une image écornée. La stratégie de Nestlé repose désormais sur un retour à une croissance organique solide, considérée comme la clé pour restaurer marges, cash-flow et parts de marché. Le potentiel de redressement existe, mais il exige du temps, de la discipline et une exécution irréprochable. La prudence reste donc de mise tant que la dynamique opérationnelle n’est pas pleinement rétablie.
