Questions de stratégie
Nos principaux chiffres économiques ne sont pas si différents de ceux des années précédentes. Un rapide tour du monde révèle une croissance du PNB qui devrait se situer entre 2 et 2,5 % pour les États-Unis ; elle sera légèrement plus basse en Europe (de 1,8 à 2,3 %) et plus forte sur les marchés émergents d’Asie (5,5 à 6 %). Le comportement du consommateur sera partout au centre des éléments majeurs composant le PNB. L’industrie et les dépenses gouvernementales n’auront pas de grands effets cette fois. En réalité, l’activité économique pâtit de ses surcapacités et les dépenses gouvernementales traversent une mauvaise passe financière.
Nous avons précédemment introduit l’idée que l’économie mondiale se réoriente. Depuis 1960, elle est passée par seulement trois phases, celle-ci incluse, de transformations majeures. Pourquoi seulement trois phases et qu’est-ce qui a déclenché chaque transition ?
Première période : de 1960 à 1988 environ (chute du mur de Berlin et la fin du parti communiste en Russie) : les poids lourds de nos industries s’étaient fixés comme objectif que chaque foyer devait posséder les matériels rudimentaires (frigo, aspirateur, grille-pain, radio, télévision, voiture, etc.). Il est clair que le but a été plus qu’atteint et l’industrie a prospéré.
Deuxième période : comprise entre 1990 et environ 2015, elle était placée sous le signe de la valeur à constituer pour l’actionnaire (shareholder value). Elle a, en résumé, abouti à un surapprovisionnement en biens de toutes sortes. Le coût élevé des matières premières a été absorbé par une efficacité de production accrue et par la délocalisation de la fabrication en Asie pour l’essentiel. L’objectif a, là aussi, été largement atteint et les actions ont réalisé des performances bien supérieures à leurs moyennes historiques sur de nombreuses années.
Troisième période : ces dernières années, un nouveau cycle a commencé : l’ubérisation. Ce terme décrit un modèle économique dans lequel les produits deviennent des services. Dans le même contexte, le terme ubérisation se réfère aux services partagés sur Internet, comme Uber et Airbnb. Plus encore, la plupart de nos activités économiques et de nos procédés sont revisités et automatisés ; l’utilisateur final redevient pleinement le maître du jeu. Ce concept économique transforme les activités de fabrications industrielles majeures en services. Dans le même temps, les emplois se mettent en mouvement. Ce phénomène économique va aboutir sur la création d’emplois très qualifiés (pour peu d’entre nous) et à l’opposé, sur des emplois peu qualifiés tournés vers le service (pour la majorité).
Curieusement, cette dynamique va impliquer d’autres créations d’emplois. Elle va également se conjuguer avec une diminution de la population en âge de travailler ; par conséquent, le taux de chômage dans les régions développées va chuter beaucoup plus vite que lors des phases de reprises précédentes. Ces causes vont probablement tirer les taux de chômage vers des niveaux toujours plus bas et améliorer la confiance sur le plan mondial même si l’activité économique reste globalement morose.
Inflation
Les prix de l’énergie qui chutent ont eu pour effet de stabiliser le taux d’inflation. Les avantages impliqués par le prix bas du pétrole s’estomperont au fil du temps. Dans ce cas, l’inflation globale pourrait flamber et atteindre 2,5 %. De plus, si les tensions géopolitiques viennent à empêcher les exportations de pétrole en provenance du Moyen-Orient, le taux d’inflation global pourrait même excéder 3 %.
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