Bayer AG est un conglomérat industriel allemand, actif dans trois grands domaines : la pharmacie, les sciences végétales (Crop Science, semences et agrochimie) et les soins grand public (Consumer Health). Grâce à cette diversification, Bayer combine des activités à fort potentiel d’innovation (médicaments, biotechnologie) et des revenus plus stables issus de la division agricole, tout en gérant des risques forts, notamment réglementaires et juridiques.
Environnement économique actuel dans le contexte de l’article
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Amélioration de la rentabilité, malgré des divisions en tension
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Bayer confirme ses perspectives pour 2025, tout en enregistrant une hausse de l’EBITDA avant éléments exceptionnels de +20,8 %.
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Le “core earnings per share” (bénéfice par action ajusté) a plus que doublé à 0,57 € (au 3ᵉ trimestre).
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Le “free cash flow” reste faible (596 M € au 30 septembre 2025), en partie à cause des paiements liés aux litiges.
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Réduction de la dette
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La dette financière nette est légèrement réduite à 32,708 Md € au 30 septembre 2025, soit une baisse de 1,7 % par rapport à juin 2025 et de 6,6 % par rapport à un an plus tôt.
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Bayer mise sur un désendettement à long terme via ses cash‑flows opérationnels et des économies structurelles (“Dynamic Shared Ownership”).
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Litiges liés au glyphosate toujours sous pression
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Bayer a constitué des provisions supplémentaires pour les procédures judiciaires aux États-Unis : 1,2 Md € de plus pour le glyphosate.
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Le groupe a déclaré qu’il pourrait arrêter la production de glyphosate, jugeant son modèle non viable à terme si la pression judiciaire persiste.
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Ces litiges pèsent fortement sur les résultats, malgré les efforts pour les contenir.
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Performances contrastées des divisions
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Crop Science : croissance tirée par les semences de maïs (Corn Seed & Traits +22,4 %) et une amélioration opérationnelle (programmes d’efficacité).
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Pharmaceutique : quelques produits phares comme Nubeqa™ (cancer de la prostate) et Kerendia™ (maladie rénale liée au diabète) progressent fortement.
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Restructuration : Bayer prévoit des économies organisationnelles de l’ordre de ~2 Md € selon son plan stratégique.
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Vision à long terme : Bayer vise une marge EBITDA “mid-20s” (avant éléments spéciaux) pour sa division Crop Science d’ici fin 2029.
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Pression concurrentielle et structurelle
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Bayer réduit certaines activités en Allemagne face à la concurrence asiatique et à des surcapacités.
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Le contexte réglementaire (herbicides, produits chimiques) reste délicat, ce qui complexifie sa stratégie agrochimique.
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Recommandation d’investissement
Pourquoi posséder des actions Bayer :
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Turnaround stratégique bien engagé
Bayer met en œuvre un plan de redressement ambitieux (“Dynamic Shared Ownership”), avec une rationalisation des coûts, des suppressions de postes, et des réformes structurelles. Cela devrait renforcer l’efficacité opérationnelle et la rentabilité. -
Croissance durable dans le secteur agricole
La division Crop Science montre des signes de redressement : la demande de semences (notamment maïs) est forte, et Bayer vise une marge EBITDA attractive à moyen terme. Cette dynamique agricole pourrait redevenir un moteur de cash-flow significatif. -
Pipeline pharmaceutique prometteur
Certains médicaments clés, comme Nubeqa™ et Kerendia™, affichent une croissance rapide. Le potentiel d’innovation et la diversification du portefeuille pharmaceutique offrent un levier de croissance externe. -
Désendettement progressif
La réduction de la dette montre un nettoyage du bilan. Un profil financier plus sain est favorable pour réduire le risque et améliorer la flexibilité stratégique. -
Valorisation potentielle avec rerating
Si Bayer réussit à maîtriser les litiges et à exécuter son plan de croissance, le marché pourrait réévaluer le titre à la hausse, notamment en raison de la combinaison “agro + pharma” bien positionnée. -
Gestion des risques judiciaires
Bien que le risque litigation soit élevé, Bayer a déjà provisionné des montants significatifs. La stratégie de gestion du glyphosate (réserves + possibilité d'arrêter la production) montre que l’entreprise prend le problème très au sérieux.
Conclusion : Bayer représente une opportunité de long terme : un conglomérat sous pression, mais qui se transforme profondément. Pour un investisseur prêt à accepter des risques juridiques mesurés en échange d’un avenir potentiellement plus durable et rentable, Bayer offre un bon compromis.
