Thème d’investissement : soins et services de santé. Un traitement contre la démence nous sera-t-il proposé d’ici à 2025 ?
Notre société se trouve devant de nouveaux défis en raison d’une population d’aînés de plus en plus importante, par exemple : a) le déséquilibre social entre les jeunes et les plus âgés : à l’heure actuelle, les seconds disposent de plus de liquidités que les premiers pour couvrir les dépenses exigées au quotidien ; b) les retraités seront bientôt majoritaires par rapport aux actifs ; c) les opinions divergentes entre générations sur l’endroit et la façon de vivre ; d) les décisions politiques et économiques d’aujourd’hui interviennent pour pallier les besoins immédiats, alors qu’elles devraient anticiper sur le long terme. S’il est à l’heure actuelle une préoccupation essentielle pour chacun d’entre nous, c’est sa santé et son bien-être.
Les sociétés spécialisées dans les soins de santé mesurent depuis longtemps les potentialités liées à notre mode de vie en mouvement. La culture de la longévité entraîne en effet plusieurs tendances de croissance séculaire, les plus notables étant imputables aux traitements contre les maladies cardiovasculaires, les AVC, les cancers et la démence. Des progrès conséquents ont été accomplis dans le traitement des maladies cardiovasculaires, des AVC et des cancers. Mais de son côté, la recherche contre la maladie d’Alzheimer s’est heurtée à un certain nombre de revers ; il n’existe d’ailleurs aucun traitement commercialisé à ce jour. Pour quelles raisons ?
La phase initiale de la démence se déroule 14 à 16 années avant le dernier stade. Elle peut durer jusqu’à 7 ans et consiste en une faiblesse de la mémoire à court terme. Or ce symptôme peut être constaté chez de nombreuses personnes et ne conduit pas systématiquement à la démence. Cette évolution singulière rend la tâche des départements R&D ardue.
Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé, le nombre de personnes atteintes de démence devrait passer de 33 millions aujourd’hui à 66 millions en 2030 et à plus de 110 millions en 2050. Dans le même temps, les coûts directs résultants des soins pour ces patients devraient augmenter, de 214 milliards à ce jour à 1,2 billions.
Beaucoup d’acteurs majeurs de l’industrie pharmaceutique tentent de développer des solutions contre la démence et se retrouvent dans une impasse. Ils partent sur le postulat d’éviter la mort des cellules cérébrales, responsable des plaques et écheveaux caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Or, l’amélioration attendue n’est pas intervenue et n’a pas été prouvée. Malgré des résultats peu probants, les grands groupes pharmaceutiques continuent à allouer des budgets à la recherche contre la démence. Des entreprises de taille plus modeste et plus proches d’un fonctionnement de start-up démontrent des progrès plus rapides en ce moment. Elles se concentrent en effet sur la phase I de la maladie et l’analyse de grandes quantités de données requise. Sur cette voie, les bénéfices peuvent intervenir :
- La FDA (food and drug administration) soutient ces recherches et devrait abaisser les barrières d’entrée sur le marché pour les produits traitants les symptômes précoces.
- Le traitement précoce des fonctions cognitives défaillantes pourrait induire le rétablissement des fonctions cérébrales ; les médications disponibles portant sur les phases 2 et 3 ne peuvent obtenir un tel résultat.
Il ressort de l’étendue possible du marché ces prochaines années deux types de candidates pour un investissement : les sociétés, petites pour la plupart, dont les recherches sont en bonne voie ; les structures plus importantes, très impliquées dans les traitements contre la démence. Les derniers évènements donnent à penser que les secondes vont internaliser les plus prometteuses des premières. C’est une voie d’avenir en effet pour une société exposée sur un marché existant, mais dont le département R&D est dans une impasse.
Liens vers les les sociétés dont les recherches portent sur :
- La bêta-sécrétase BACE ;
- La gammas-sécrétase ;
- Les écheveaux de protéines de Tau ;
- Les traitements issus de la nicotine ou de l’insuline ;
- Le développement d’une nouvelle génération de traitements;
- Liens vers les sociétés en joint venture;
- Liens vers les fournisseurs historiques.
